Nous avons tous grandi avec des phrases entendues tellement souvent qu’elles ont fini par nous sembler évidentes. Certaines deviennent peu à peu des croyances héritées que nous continuons à suivre sans toujours savoir pourquoi.
« Il faut travailler dur pour réussir. » « On ne peut pas tout avoir dans la vie. » « Il ne faut pas se plaindre. » « Quand on commence quelque chose, on le termine. »
Certaines nous ont aidés à grandir et à nous construire. D’autres influencent peut-être encore nos choix aujourd’hui sans que nous en ayons vraiment conscience.
À force d’être répétées, ces paroles peuvent devenir des règles personnelles. Nous les intégrons si profondément que nous finissons parfois par les confondre avec notre propre manière de penser.
Pourtant, certaines appartiennent davantage à notre histoire qu’à la personne que nous sommes devenue.
Quand une croyance devient une évidence
Un enfant apprend beaucoup en observant, en écoutant et en reproduisant ce qui se passe autour de lui.
S’il entend régulièrement que l’argent se gagne difficilement, cette idée peut influencer son rapport à l’argent. Si on lui demande toujours d’être fort, il peut apprendre à cacher plus facilement ses difficultés. Si la réussite scolaire occupe une place très importante dans sa famille, il peut finir par associer ses résultats à sa propre valeur.
Nous ne réagissons évidemment pas tous de la même façon à notre éducation. Une même phrase peut marquer profondément une personne et glisser sur une autre. Mais certaines idées s’installent et deviennent peu à peu une manière d’interpréter ce qui nous arrive.
Avec le temps, nous pouvons même oublier leur origine.
Nous disons simplement : « Moi, je suis comme ça. »
La question mérite pourtant d’être posée : est-ce réellement notre nature, ou avons-nous appris à fonctionner ainsi ?
Ce qui nous a aidés peut aussi finir par nous limiter
Prenons la persévérance.
<Elle nous permet de traverser les difficultés, de développer nos compétences et de ne pas renoncer au premier obstacle. Mais une personne qui a appris qu’abandonner était toujours un signe de faiblesse peut continuer longtemps à investir son énergie dans une direction qui ne lui correspond plus.
La persévérance n’est pas le problème. La difficulté apparaît lorsqu’elle devient une règle absolue qui ne laisse plus de place à l’évolution.
La même chose peut arriver avec la générosité. Aider, donner et soutenir les autres sont de belles qualités. Mais quelqu’un qui a appris à toujours faire passer les besoins des autres avant les siens peut finir par ne plus reconnaître ses propres limites.
Une valeur peut nous guider sans avoir besoin de gouverner toutes nos décisions.
Comment reconnaître une croyance qui ne nous appartient plus ?
Ces croyances héritées se repèrent parfois dans notre façon de parler :
« Il faut. »
« Je dois. »
« C’est comme ça. »
« Je n’ai pas le choix. »
Certaines obligations sont évidemment bien réelles. Nous avons des responsabilités, des engagements et des conséquences à assumer. Mais toutes les obligations que nous ressentons ne viennent pas nécessairement de la réalité présente.
Vous pouvez faire une expérience très simple.
Prenez une phrase qui revient souvent lorsque vous devez prendre une décision. Par exemple : « Je dois toujours faire les choses correctement. »
Puis regardez-la d’un peu plus près.
D’où me vient cette idée ?
Peut-être reconnaîtrez-vous une phrase souvent entendue dans votre famille, à l’école ou auprès d’une personne importante. Peut-être découvrirez-vous qu’elle vient plutôt d’une expérience vécue.
En quoi cette croyance m’a-t-elle été utile ?
Cette étape compte. Avant de vouloir changer une manière de fonctionner, il est intéressant de reconnaître ce qu’elle nous a permis de développer. Le besoin de bien faire a peut-être nourri votre rigueur, votre sens des responsabilités ou votre capacité à apprendre.
À quel moment devient-elle contraignante ?
Peut-être lorsque vous n’osez plus commencer quelque chose par peur de mal faire. Ou lorsque vous consacrez énormément de temps à des détails qui n’en demandent pas autant.
Est-ce que je souhaite encore lui donner la même place aujourd’hui ?
Vous n’avez pas besoin de rejeter cette règle pour autant. Vous pouvez garder ce qu’elle vous apporte et assouplir ce qui vous enferme.
« Je dois toujours faire les choses parfaitement » peut, par exemple, devenir : « J’aime faire les choses avec soin, mais je peux aussi apprendre en me trompant. »
La différence paraît légère. Dans la réalité, elle peut modifier considérablement la liberté que nous nous accordons pour agir.
Revoir nos croyances héritées sans rejeter notre histoire
Remettre en question ces croyances héritées ne signifie pas rejeter notre famille, notre éducation ou les personnes qui nous ont transmis leurs valeurs.
Nous pouvons reconnaître ce qu’elles nous ont apporté tout en constatant que certaines idées correspondent moins à notre vie actuelle.
Nous ne sommes pas obligés de choisir entre tout conserver et tout rejeter. Nous pouvons regarder ce que nous avons reçu, comprendre l’influence que cela exerce encore et décider consciemment de ce que nous voulons garder.
Je rencontre souvent, dans mon travail, cet écart entre ce qu’une personne ressent profondément et ce qu’elle croit devoir être. La chirologie et l’astrologie védique peuvent apporter des éclairages intéressants sur certains fonctionnements ou certaines périodes de vie, mais elles ne devraient jamais enfermer quelqu’un dans une nouvelle définition de lui-même.
La connaissance de soi devient réellement utile lorsqu’elle nous offre davantage de possibilités, pas lorsqu’elle nous ajoute une nouvelle étiquette.
Alors, la prochaine fois qu’une petite voix vous dira que vous devez absolument faire quelque chose d’une certaine manière, écoutez-la quelques instants.
Vous reconnaîtrez peut-être une phrase entendue il y a très longtemps.
Et vous pourrez décider si elle mérite encore d’avoir autant de poids dans vos choix.









