Il y a quelques jours, j’ai rencontré, dans la même journée, trois personnes que je ne connaissais pas et qui ne se connaissaient pas non plus. Toutes les trois travaillaient en comptabilité ou en gestion. Et toutes les trois avaient une main lunaire. Cette drôle de coïncidence m’a ramenée à une question que je rencontre souvent : qu’est-ce que cela signifie vraiment, trouver sa place professionnellement ?
La coïncidence m’a fait sourire, évidemment. Mais elle m’a surtout ramenée à une question que je rencontre très souvent dans mon travail : est-ce que le fait d’être compétent dans ce que nous faisons signifie nécessairement que ce que nous faisons nous correspond ?
Nous pouvons devenir très bons dans beaucoup de choses. Parce que nous avons appris. Parce que nous sommes intelligents, consciencieux, responsables. Parce qu’il fallait travailler, gagner notre vie ou saisir une occasion. Parce qu’un jour, à 18 ou 20 ans, il fallait bien choisir une direction.
Et puis les années passent. Nous développons des compétences, nous obtenons de l’expérience, parfois même de la reconnaissance. De l’extérieur, tout semble parfaitement cohérent.
Pourtant, quelque chose peut manquer.
Quand une partie de soi reste inutilisée
C’est ce qui m’a frappée chez ces trois personnes. Une main lunaire possède une sensibilité particulière. Elle parle d’intuition, d’imagination, de réceptivité, d’un monde intérieur qui a besoin d’une certaine place pour s’exprimer. Or, chez ces trois personnes, cette dimension était très peu utilisée dans leur vie professionnelle. Chez l’une d’elles, elle était même presque complètement dévalorisée, et son mal-être était devenu très important.
Cela ne signifie pas qu’une personne qui possède une main lunaire doit immédiatement quitter la comptabilité ou la gestion. La chirologie n’est pas là pour décider à notre place de ce que nous devons faire de notre vie.
Mais elle peut soulever une sacrée bonne question : où est passée cette partie de moi ?
Parce qu’il n’est pas toujours nécessaire de changer complètement de métier pour commencer à retrouver de l’équilibre. Parfois, il faut créer autrement, modifier notre façon d’exercer, développer une activité parallèle, retrouver quelque chose que nous avions abandonné ou simplement reconnaître une qualité que nous avions fini par considérer comme inutile.
Ce que la main peut nous aider à voir
Et c’est probablement l’une des choses qui me fascinent le plus dans la lecture des mains.
Une main ne me raconte pas uniquement ce qu’une personne fait bien. Elle me permet aussi de regarder comment elle fonctionne, les ressources sur lesquelles elle s’appuie naturellement, celles qu’elle utilise moins, les contradictions qui peuvent l’habiter et parfois certains potentiels auxquels elle n’accorde elle-même aucune valeur.
C’est aussi pour cela que je n’enseigne pas la chirologie comme une collection de signes à mémoriser. Bien sûr, il faut apprendre à reconnaître une forme de main, un pouce, des doigts, des monts ou des lignes. C’est le vocabulaire de base. Mais ce qui devient réellement passionnant, c’est lorsque tous ces éléments commencent à dialoguer entre eux et qu’une personne apparaît derrière la main.
Apprendre à regarder au-delà des signes
C’est ce regard que j’essaie de transmettre dans ma formation.
La prochaine cohorte débutera le 14 septembre. Elle s’adresse autant à celles et ceux qui souhaitent apprendre la chirologie pour eux-mêmes qu’aux professionnels de l’accompagnement qui aimeraient ajouter un outil différent à leur pratique.
Après toutes ces années à regarder des mains, je continue d’être étonnée par ce qu’un détail que nous n’aurions jamais pensé observer peut parfois nous permettre de comprendre de nous-mêmes.
Trois mains lunaires dans la même journée me l’ont encore rappelé.
Nous pouvons passer des années à devenir très bons dans ce que nous faisons. Et finalement, trouver sa place professionnellement, ce n’est peut-être pas seulement exercer un métier dans lequel nous sommes compétents.
Peut-être vaut-il la peine, de temps en temps, de nous demander si ce que nous sommes a, lui aussi, suffisamment de place pour exister.Nous pouvons passer des années à devenir très bons dans ce que nous faisons.







